Et puis le jour encore…

J’ai égaré mes mots un certain sept janvier.

Tu me diras, lecteur, ce n’est pas si loin de nous. Tu me diras sans doute qu’il me faut laisser le temps de les remettre en ordre et qu’en bons petits soldats, ils reviendront former les bataillons de phrases qui me permettent de faire une tendre guerre à la morosité, à la peine ; qu’à leur simple appel ils répondront comme un seul homme « Présents » lorsque je les chercherai vraiment.

Tu auras raison.

Ici est un monde que j’ai voulu créer comme une bulle, comme une maison de vocables, où les cris s’amenuisent et laissent part belle aux chuchotements, où la peine se caresse pour se trouver acceptable, où l’amertume n’a guère d’espace, où la lumière se veut à la fois douce et chantante… Ici est une part de mon véritable monde, aussi, celle que je veux partager avec toi qui me lis. Parce que mon monde est beau et que ma plus grande joie est de pouvoir t’y faire entrer.

Alors, je te propose une promenade. Prends ma main, je t’emmène visiter le tout début d’une de mes journées…

Il est 6h00, un matin de printemps. L’aube douce emplit le salon de poudre pastel, mélange de pourpre et de magenta. Derrière les baies dont nous n’avons pas fermé les volets, les premiers rayons jouent aux ricochets sur les gouttes de rosées. Le jardin se laisse baigner, languissant. Pétales encore fermés, les roses assoupies tardent à s’éveiller.

Tourterelles et passereaux piaffent, attendant l’ouverture du grand bal. Public rieur et impatient, les voilà qui commencent à clamer leur attente du jour nouveau… Et c’est ainsi que l’orchestre fait son entame : peu à peu, le silence cristallin laisse place au prélude matinal et joyeux des oiseaux.

Dans la maison, l’éveil prend son temps, s’étire et se prélasse. De la cuisine, le pain grillé, le café, le sucre, montent en effluves, et viennent chatouiller le bout du nez des dormeurs. Les parfums du matin sont comme une couverture moelleuse, ils enveloppent et réconfortent ceux pour lesquels ils ont été créés.

Les gestes se font alors plus sûrs. Les bols et les couverts sont disposés. Les chants des tasses et du liquide qu’on y verse accompagnent le pépiement du dehors, et l’harmonie de la maisonnée se fait entière. Alors, c’est le premier sourire, celui embué de nuit, celui qui demande si tu as bien dormi, celui qui te donne l’envie de découvrir de quoi sera fait ce jour qui naît tout juste. C’est le sourire du bon jour, celui qui s’accompagne d’un baiser, celui qui fait de cette journée une toute nouvelle à chaque fois.

Plus tard, tu courras peut-être, tu pesteras probablement, tu t’inquiéteras assurément, mais en ce seul instant au moins, tu sauras que le bonheur n’est pas ailleurs qu’ici, et maintenant.

 

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2 réflexions sur “Et puis le jour encore…

  1. Le bonheur c’est là où tu te tiens debout et aussi le moment pendant lequel tu partages les sourires de ton âmes avec ceux que tu choisis… Pour les autres ? Ne t’inquiètes pas ! Les plus attentifs en ramasseront une petite part de ce bonheur, tu peux en être certaine car si tu les regardes, ils passent et te sourient…

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  2. Les mots vont et viennent, s’égarent, enlacent, emportent
    On est bien quand on les a tout contre soi, quand ils volent incontrôlables avant de s’assagir.
    Le matin, ils sont encore mouvant, entachés de rêves. C’est le monde des hommes qui les rend dur. C’est dommage qu’on ne puisse pas communiquer simplement, transmettre ses états intérieurs comme un murmure secret.

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