À la brune, miraculée.

L’embrassant de son ombre, elle s’empare du jour, et le fait sien. Imperceptiblement d’abord, elle donne aux couleurs une teinte plus sombre, et, peu à peu, étend son joug sur toutes choses. Se faisant tout à la fois velours et glace, la voilà qui règne pour quelques heures.

Nuit, cruelle et partiale maîtresse, qui ne donne aux hommes que le pouvoir de la contrer sans jamais la vaincre, qui change la perception du monde jusque dans son âme et, sans jamais faillir, reviendra nourrir les rêves des plus sages autant que des plus fous.

La voilà qui s’approche, une fois encore, de l’enfant apeuré, de la femme aimante, de l’homme de raison, la voilà qui l’emporte dans son tourbillon, et ne lui laisse en choix que deux postures : l’affronter ou se laisser prendre. Pour les plus conquérants, elle ne sera jamais qu’un maigre butin en tous points éreintant ; pour ceux qui sauront accepter sa venue et sa suprématie, elle saura se faire plus douce et les enlever en un prodigieux périple dont ils ne garderont pour eux-mêmes que quelques maigres lambeaux de souvenances.

Elle est ainsi : impitoyable souveraine de la moitié de nos vie.

Mais, pour qui l’apprivoise et reconnaît sa suprématie, elle offrira ses charmes chargés de magie, qui jamais n’auront l’évidente sympathie ni la bienveillance du jour, mais pleins d’un infini mystère dont les êtres sont friands.

En ces heures perdues, l’intime décor enfante de l’intimité des corps et vêt de douce pudeur la caresse des amants ; en ces instants bercés de sommeil, la vie bat au beau milieu des rêves des enfants ; et dans les cieux étincelants les hommes trouvent un sens qui à chacun est propre.

Puis, du crépuscule à l’aurore, le songe enveloppera les êtres jusqu’à leur apaisement.

20080831_095021

Publicités

Une réflexion sur “À la brune, miraculée.

  1. Toi qui l’habite, toi qui la quitte,
    Toi qui la veille, toi qui sommeille,
    Toi dont la chevelure rappelle sa plus belle robe, Toi dont le regard jamais ne se dérobe,
    Merci de faire couler tes mots qui nous entraînent au cœur de la nuit, au cœur de la brune

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s