En quittant les songes.

Ce matin, quand maman est venue déposer sur ma joue le chuchotement de son bonjour, j’ai refusé d’ouvrir les yeux. Je voulais faire perdurer cet état de demi-sommeil emmêlé de rêves et de l’appel au réveil chaud et tendre qui chantait au loin.

Lorsque maman murmure à mon oreille qu’il est l’heure de s’éveiller, de prendre part à la journée qui commence, c’est si doux que je l’emporte avec moi dans mes songes. Bien que plus floues, les fées volent encore dans leurs robes de rosée. Alors, je prends maman par la main, et ensemble nous nous élançons dans les airs pour danser au milieu des nymphes. Le ciel est rose pale, cotonneux, et palpable. C’est une mousseline de soie qui nous caresse dans notre envol. Au-dessous de nous les herbes des prairies ondulent dans un gracieux mouvement que zéphyr et alizé entraînent dans leur ballet invisible. Le château dont la silhouette embrumée découpe l’horizon est fait de sucreries aux couleurs d’aquarelle.

L’air est doux, et chaud, et si moelleux !

Et puis, prenant place dans cet univers du visible, remplaçant les sensations par d’autres,  la berceuse tant de fois entendue alors que je rejoins mes nuits d’enfant s’élève peu à peu, et maman m’aide à rejoindre le jour en chantant. La journée m’ouvre les bras dans les bras de maman.

Maman a gagné : j’ai ouvert les yeux, et ma journée a commencé.

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