Les vies qui vont.

Suite de l’histoire épistolaire. Retrouvez-la dans son intégralité sous l’onglet « Correspondances ».

Mon cher petit beau-frère,

Merci beaucoup pour ton message. Je suis touchée que tu aies ainsi rapidement compris ma démarche et ma volonté de tout laisser derrière moi. Tu sais, j’ai tout abandonné à Menton. Je n’avais en partant qu’une valise légère, dans laquelle j’avais glissé des objets de peu d’importance, et quelques papiers. Arrivée à bon port, j’ai remisé mon bagage et ne l’ai point ouvert. Moi qui me croyais attachée aux choses, aux gens, je vois enfin que je peux vivre pour moi-même avant d’exister pour eux. Comme je le disais à Maman, c’est plus qu’une nouvelle vie : c’est la vie. Je la débute à 30 ans, mais elle commence enfin.

Bien sûr, j’ai produit un courriel enthousiaste à l’attention de Maman, qui j’en suis sûre a pu ainsi se rassurer sur le bien être de sa fille. Le tableau que je pourrais te faire, à toi, aurait davantage de nuances. Je sais que tu t’en doutes. La vie qu’on installe ne se fait pas d’elle-même. Parfois, il faut opposer, forcer, chercher, et notre épanouissement passe aussi par des moments d’affirmation personnelle. Mais je suis heureuse, et surtout aimée comme jamais je ne l’ai été.

Toi et Jacob me manquez, parfois. Et Clémence est dans chacune de mes pensées. Tu vois, je crois que je suis passée à côté d’elle. Je n’ai pas su, ou pire, pas voulu alors, lui donner de ce temps qui aujourd’hui n’est plus. Je m’en veux autant que je suis en peine de m’être à ce point éloignée d’elle.

Bien sûr, j’étais présente à la fin. Mais bien trop tard. Elle n’était déjà plus vraiment là que je commençais tout juste à courir après nos échanges, nos confidences, son sourire et sa vie.

Je ne te reparlerai plus de tout cela. Mais je voulais que tu le saches.

Tu embrasseras Jacob pour moi.

Je te récrirai bientôt.

Et comme tu me le demandes, je vais de ce pas prendre des nouvelles de mon « amie » Mathilde, qui, à mon humble avis, eût bien mieux fait de ne se mêler que de ses propres affaires, mais à laquelle je ne ferai pas état de ces considérations.

Prends bien soin de vous deux. A bientôt.

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