Points sur les i du mot « fini »

Suite de l’histoire épistolaire. Retrouvez-la dans son intégralité sous l’onglet « Correspondances ».

J’ai bien eu ton message. Me connaitrais-tu si peu pour douter que je l’écoute en son intégralité ?

Une nouvelle fois, comme toutes ces années, tu ne parles que de toi, et de ta souffrance. Crois-tu vraiment que ma présence changerait quoi que ce soit à la donne ? Tu n’es au monde que mal. Pour une fois, estime toi fort aise : tu peux donner une origine à ton mal être : mon départ.

Mais tu sais, voilà bien longtemps que je suis partie. Voilà bien longtemps que j’ai abandonné tout espoir de te raccrocher à moi et de faire un futur de nous. Et tu le sais bien. Pour preuve cette lettre que tu laisses à l’attention de celui que j’ai rejoint, et qui n’a pas manqué de me faire lire tes lignes. Car, contrairement à ce que mes amies peu discrètes t’ont laissé accroire, lui ne construit pas notre histoire sur des dissimulations.

Non tu n’es pas cocu. Pour l’être, il eût fallu que tu sois encore là, présent, à mes côtés. Il eût fallu que tu veuilles construire avec moi, te projeter dans un futur plus ou moins proche. Mais reconnais que tu n’étais plus là. On ne trompe que les présents. Les fantômes ne peuvent se targuer de bénéficier de ce privilège.

Et puis d’ailleurs, tu sais très bien que notre histoire est achevée. La preuve en est ton message qui ne cherche nullement à me rattraper. Qui fait seulement état de ta douleur. Et ta douleur, j’en ai mangé des années. J’ai tout fait pour la soigner. Quelle piètre infirmière ai-je fait ! Le malade est aujourd’hui à l’agonie ! Au moins, il peut nommer son mal, à présent… Souhaitons que les béquilles qui viendront à présent supporter ton poids seront de meilleure facture que celles que j’avais tenté de te tendre.

Tu sais, je t’ai aimé dès le premier jour. J’ai été happée par ta mélancolie, par la poésie sombre et passionnée qui s’exprimait dans ta manière de vivre, j’ai été séduite par l’obscure beauté de ton âme. J’aimerai toujours ça chez toi. Mais ton malheur m’a épuisée. Et si je t’aime encore voilà bien longtemps que je ne suis plus amoureuse.

Tu dis que tu m’aimes… Il en aura fallu du temps, et des silences, pour que tu finisses par lâcher, mais un peu tard, ces mots sur mon répondeur…

Aujourd’hui tu te sens damné. Tu te sens moitié d’homme. Tu morfles et tu rames. Mais je sais, et toi aussi tout au fond de toi tu le sais, que tu aimeras encore. Et sans doute aimeras-tu mieux. Laisse passer le temps qu’il faut, et tu verras, la suite sera bien meilleure et plus belle sans l’entité « nous » que nous avons échoué à former.

Tâche de prendre soin de toi.

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