Les bras des mères…

Suite de l’histoire épistolaire. Retrouvez-la dans son intégralité sous l’onglet « Correspondances ».

Ma toute petite,

C’est par Mathilde que j’apprends que tu as quitté Menton et ton compagnon. Je ne comprends pas. Tu ne réponds pas au téléphone, tu ne rappelles pas. Je suis inquiète. Où es-tu ? Je sais que tu n’es plus en âge de recevoir des leçons et que tu te passes de mes conseils, mais tout de même. Ne me laisse pas sans nouvelle.

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Tout va très bien, absolument bien, divinement bien ! Jamais rien n’est allé aussi bien, Maman !

Alors oui : j’ai quitté Menton, j’en avais soupé de ses galets autant que de l’appartement 1900 dans lequel mes jours s’épuisaient à se faner ne me laissant qu’un goût amer d’inachevé et d’incomplétude.

Je suis partie il y a 3 semaines à présent. Je fais connaissance avec cette ville froide et peuplée dans laquelle tu es née, et qui t’a laissé de si beaux souvenirs. Te souviens-tu de ces longues heures, quand, collées à toi sur le sofa rouge du salon, Clémence et moi t’écoutions nous raconter ton école, la ruelle en pente et les garçons aux sacs de billes ? J’ai gardé précieusement en tête une idée de tes jeux de marelle, de la boulangère acétique amoureuse du boucher obèse, des bancs de pierre sous les platanes de la grande allée… Lors de mes rares heures perdues, je pars à leur recherche dans ton ancien quartier.

Bien sûr, ici, rien n’a la couleur de tes souvenirs, et les images de cette ville que j’imprime par mes rétines sont celles que je me peints et qui ornent ma nouvelle vie.

Dois-je te le dire ? J’ai hésité à écrire le mot « nouvelle » tant j’ai l’impression qu’enfin ma vie débute. Je viens de naître au monde. Et ce sentiment déborde de moi à tel point que j’en fais sourire les passants, et que chaque interaction que j’ai la chance d’avoir avec la vile est un feu d’artifice à elle seule.

La vie commence enfin, maman !

J’ai quitté la souffrance des coeurs en même temps que la douceur méditerranéenne. J’ai trouvé un travail dont je ferai bientôt un métier. J’installe peu à peu mon être dans la vie d’ici.

Et puis. Aussi. J’ai rejoint un homme. Qui m’aime et sait m’aimer. Dont je suis inconditionnellement folle d’amour et d’admiration. Et qui me le rend au centuple.

Tu vois Maman, je n’aurais jamais pensé qu’un tel amour pouvait exister ailleurs que dans les romans. Eh bien, une fois encore, je m’étais trompée : je suis plus chanceuse qu’un gagnant de loterie nationale et je vis à présent au côtés de l’être le plus délicieux qui soit.

Ne t’inquiète donc pas. Ou plutôt, ne t’inquiète plus : ta fille va on ne peut mieux.

Je t’embrasse fort et te récris bientôt.

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