Elle est belle et elle le sait.

 

Cher lecteur, permets moi de te mettre en garde. Ce billet est auto-centré, plein d’affects, sans doute indélicat et sûrement très subjectif. Ce billet, voilà longtemps qu’il trotte en moi ; les idées que je veux y inscrire fusent, partent dans tous les sens, et manquent d’unité.

Voilà quelques temps pourtant qu’il me semble évident d’aborder le sujet, si épineux et complexe soit-il pour moi. Si futile et hors d’intérêt pour d’autres sans doute.

Un dernier bref message sur Twitter m’a décidée. Il s’agissait d’une boutade comme une autre, lancée à la cantonade par un utilisateur du réseau :

« Le problème des jolies femmes, c’est que dès leur plus jeune âge, elles le comprennent. »

Je ne crois pas. Au contraire. En fait, le problème des jolies femmes c’est justement de l’être, tout autant que d’en douter.

Alors oui, tu me diras, lecteur,  qu’il y a plus dur dans la vie que d’avoir une bouche bien ourlée, un regard qui pétille, des cheveux qui brillent, des proportions corporelles harmonieuses. Tu me rétorqueras que les femmes qui sont belles savent souvent en jouer, et que c’est ceux qui les regardent qui sont pris.

Sans doute.

 

Il me faudra alors te parler de moi.

 

Je suis de ces femmes qu’on qualifie de jolies, voire de belles. Et sans doute le suis-je, bien que mon miroir ait tendance à ne pas me dire la même chose que ceux qui me regardent. Et je crois que si mon miroir ne me dit pas la même chose, c’est parce que je ne veux surtout pas disposer d’une supériorité quelconque et issue d’une simple chance génétique, sans rapport avec mon travail, ma relation aux autres ou ma façon d’être au monde.

Tu me diras alors que ces trois derniers postulats sont eux-mêmes fortement conditionnés par l’apparence physique. Je répondrai que tu as sans doute raison, et que le poids de celle-ci n’est pas forcément moindre lorsqu’on remplit les conditions esthétiques consensuellement reconnues comme des critères de beauté. Et que de porter comme signe distinctif celui d’appartenir à la catégorie des « beaux » implique forcément une posture adéquate par le « chanceux », ou, en l’occurrence, la bénéficiaire.

Bien sûr, je n’aurais pas préféré être laide, ni grosse, ni difforme. Evidemment, il est plaisant de reconnaître en l’autre le fait que notre physique ne lui est pas déplaisant. Mais ce n’est pas aussi simple. D’abord, parce que cette apparence physique, il m’a fallu l’accepter. Et pour cela il m’a bien fallu 30 ans. C’est à dire la reconnaître comme étant telle, sans pour autant craindre que le fait de l’admettre soit perçu comme une forme de velléité, de supériorité, de pédanterie, de ma part. Dire « oui, je suis belle », ça implique forcément la comparaison, et le reconnaître face à un interlocuteur, c’est souvent l’impliquer dans celle-ci. Ensuite, parce que mon être doit faire ses preuves, un peu dans le sens contraire de celui qui est disgracieux. Ce que j’entends par là, c’est que mon rapport aux autres doit être souvent une preuve que mon apparence ne m’avantage pas, et que mes compétences dans le domaine évoqué n’en sont pas affectées. Enfin, il arrive sporadiquement que mes relations soient biaisées par un rapport de séduction que je voudrais moindre. D’autant plus lors qu’il s’agit de ma sphère amicale!

La beauté, à mon sens, laisse tout sauf indifférent. Elle attire, elle blesse, elle charme, elle est jalousée, et il est bien rare qu’on l’outrepasse à sa première rencontre. L’effort sera donc à faire par la « chanceuse »/le bénéficiaire pour que l’autre ne se sente ni en danger, ni ne tombe amoureux, ni ne fantasme, mais, simplement, s’intéresse à son discours.

 

 

Je te laisse,  ami lecteur, avec ces quelques phrases, glanées parmi d’autres, au gré d’échanges…

« Tu es belle, vis avec ça, mais surtout ignore le, surtout quand les autres te le rappellent. »

« Regarde celle-là : elle est belle et elle le sait, ça se voit (cette …). »

« Vas-y, fais la belle, ne me réponds pas. »

 

 

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