Du vivre et communiquer ensemble

L’usage que je fais à présent des moyens de communication qui sont mis à ma disposition me permet de me rendre compte de certaines tendances. Et je m’interroge.

 

J’ai la chance, que dis-je, le privilège ! de vivre à la croisée de nombreux mondes. Je crois que peu de mes proches peuvent se targuer d’avoir autant de connaissances pratiques (et non pas théoriques!) de l’humain et de ses codes. J’ai lu, bien sûr, mais, et surtout, j’ai grandi, et évolué dans des sphères qui sont aux antipodes les unes des autres. Je sais, par exemple, que les marques de respect de son interlocuteur sont fluctuantes, variables, et pourtant primordiales dans chacune des micro sociétés qui forment la nôtre. Je sais également que la confrontation des principes de l’une avec ceux d’une autre crée, et à chaque fois, des incompréhensions réciproques. Je sais également combien sont importants,et comme il est dur de lutter contre les clichés qu’un groupe d’individus porte sur un autre dont il ne fréquente pourtant aucun des membres.

Les plus difficiles à éclairer ne sont par ailleurs pas forcément ceux auxquels on s’attend. J’ai souvent remarqué une forme de velléité soutenue de personnes se revendiquant ouvertes et tolérantes. Sous couvert, justement, de se dire humaniste, anti-raciste, progressiste, que sais-je, il semblerait que cette étiquette auto attribuée donne à celui qui la porte une forme de légitimité (ô combien fausse) pour décrypter un univers dans lequel il ne baigne pourtant pas.

 

En bonne optimiste croyant en la volonté d’ouverture et d’acquisition de connaissances de mes congénères, j’avais espéré que les moyens de communication développés ces dernières années, par leur facilité d’utilisation, leur rapidité, leur aptitude à être à la disposition du plus grand nombre, permettrait l’échange, et l’argumentation objective entre des tiers qui n’auraient jamais eu l’occasion de converser. Que ces micro-mondes composant le patchwork social que nous formons, moi et vous, citoyens d’une société qui se veut ouverte, pourraient ainsi se rencontrer et enfin se comprendre.

Il n’en est rien. Les groupes se reforment virtuellement à l’instar de ceux de la « Real Life ». A titre d’exemple tout personnel, mon compte Twitter, que j’ai certes rendu privé, n’est pas suivi par des adolescentes fans de séries Teenage, ni par des supporters du PSG adeptes de tuning. Et, d’ailleurs, je ne suis pas ce type de comptes non plus. J’ai donc moi-même catégorisé mes interlocuteurs privilégiés selon mes aspirations et mes goûts.

Bien sûr, il m’arrive parfois de confronter mon point de vue lorsque paraît une occurrence citée qui est contraire à mes propres convictions, mais, au final, le débat s’achève assez rapidement, tant l’échange peut devenir houleux en quelques phrases.

C’est peut-être évident pour chacun d’entre vous déjà, mais il m’a fallu quelques temps pour me rendre compte que, donc, si le nombre et les possibilités de communication entre les hommes se sont accrues, la communication entre les hommes elle-même est pourtant loin de s’être améliorée.

Et, personnellement, je trouve cela complètement fou.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s