La littérature et moi

A l’instar des visiteurs que j’accueille ici sans doute, j’aime les mots mis bout à bout se transformant en phrases, lesquelles, bien enchaînées, forment des textes qui font sourire, vibrer, rire, réfléchir, voyager, s’émouvoir, se remettre en question, soi-même et le monde qui nous entoure.

Pour résumer, j’aime les textes, et les livres.

 

Parmi eux, les romans ont créé leur groupe, un peu à part, se différenciant, par leur capacité narrative, des masses de lecture quotidiennement ingurgitées. L’histoire et la narration qui en est faite forment deux entités, qui sont l’une et l’autre d’égale importance à mes yeux et interdépendantes. Le fond et la forme. L’un doit être au service de l’autre, et réciproquement. C’est ainsi que le roman est bon : c’est une bonne histoire bien racontée.

 

(…) je vous remercie de ne pas faire de rapprochement hâtif avec l’actualité, et les capacités romancières de certains politiques (…)

 

Bref.

 

Je pourrais vous parler ici de mes lectures, de la manière dont j’ai entendu pages après pages de la grande musique en lisant Le Fantôme de l’Opéra, comme mes yeux se sont plissés sur les champs de bataille de L’Iliade, à quel point je me suis sentie désorientée dans les labyrinthes borgésiens, combien j’ai humé de parfums, goûté d’épices, de miel et de fins arômes le temps de Mille et une nuits, combien j’ai pleuré, je me suis agacée, indignée, devant le sort de quelque personnage hugolien, de Dickens, de Renard…Comme j’ai ri et ai admiré l’intelligence du Père Brown ou de Rouletabille.

Je pourrais ainsi nourrir des pages et des pages d’exemples de mes atermoiements littéraires. Tout comme vous, qui me lisez, je suppose.

 

J’ai un rapport très classique à la littérature. Elle est papier, encre, et odeur caractéristique de livre. La numérisation aujourd’hui proposée, je n’y suis en rien réfractaire, seulement, ce contact de la feuille, de l’objet livre, a sur moi cette emprise charnelle qu’une liseuse ne peut encore remplacer.

Et puis un livre, ça prend de la place, c’est doté d’un certain poids, ça rempli physiquement l’espace.

Sur cette notion, me vient à mon souvenir un passage du bouquin d’Alexakis, Les Mots étrangers (que je conseille, au demeurant), expliquant comment, après en avoir fait la commande, son narrateur devait organiser un accueil tout particulier au Grand Robert de la Langue Française, lui ménageant un espace dédié, montant de nouvelles étagères, réorganisant complètement la pièce.

 

Cet attachement, cet honneur, ce respect du livre, font particulièrement écho en moi.

 

Il y a peu, et sans doute encouragés par l’ouverture de ce blog, plusieurs de mes amis m’ont transmis leurs textes.

Attendant de moi mon avis, si possible sans concession, sur leur production.

J’ai ainsi sous le coude plusieurs nouvelles attendant mes commentaires. Et l’incapacité de les donner. Pour l’heure du moins.

En effet, s’il m’est aisé de dire que je n’aime pas Voyage au bout de la nuit ou Sexus, en évoquant pourquoi, si je me permets de considérer Djian comme un écrivain de plage, si je peux dire que je m’ennuie au fil des paragraphes écrits par Levy ou Musso, il m’est beaucoup plus difficile de commenter ce qui me plait ou me déplaît dans les écrits de mes proches, redoutant le caractère subjectif de ma critique.

Cela viendra, sans doute ainsi, je m’en rends compte, que la manière dont la tenue de ce blog s’affirme au fil du temps.

 

Il m’est pourtant, fort récemment, arrivé de juger des productions d’un auteur non publié.

 

Cet auteur, il se nomme Victor Boissel. Je l’ai découvert via les réseaux sociaux, et plus spécifiquement Twitter. Un échange au sujet des dictionnaires, d’Alain Rey et de France Inter, a engendré quelques curiosités de ma part sur qui était mon interlocuteur.

Je me suis donc rendue sur son site et ai découvert qu’il gravitait dans le milieu artistique.

 

Passant une page Internet, puis l’autre, j’ai découvert ses contes, magiques, qu’il a mis en parole, et à la disposition de tous, tels de superbes cadeaux.

Nous en avons quelque peu parlé, et j’ai eu l’occasion de lui donner mes retours enthousiastes vis à vis de ses productions.

 

Puis nous avons échangé sur Habeas Corpus.

 

Habeas Corpus, c’est le roman de Victor Boissel, qu’il a eu la gentillesse de me transmettre, tout en sollicitant mes avis et commentaires.

Ce billet a cela pour principal objet que de donner mon avis sur ce roman, et vous offrir la possibilité de découvrir cet auteur qui, comble du comble, n’est pas encore publié.

 

Habeas Corpus fait partie de ces romans que l’on nomme vulgairement d’anticipation. Il fait état d’un monde miroir du nôtre, avec ses organisations, ses moyens de communication, ses systèmes de gouvernance, comme un prolongement, une projection dans le futur, de ce que nous vivons.

 

Je dois vous avouer, à ce point de mon billet, que ce type de roman ne fait en rien partie des lectures que j’affectionne. Bien sûr, j’ai lu Orwell, H. G. Wells, Barjavel, K. Dick, et je connais ce monde. Mais je suis très souvent dubitative et dans la traque de la moindre faille.

 

Je dois donc dire que Victor Boissel m’a bluffée.

 

Pour en revenir à mon postulat de départ, son roman se range aisément dans la catégorie des « bonnes histoires bien écrites ». Je n’aime pas dévoiler les récits, par peur de trop en dire, ou d’en déformer les propos. Je dirai simplement que ce récit, tenu de main de maître, nous mène à réfléchir, au travers d’une enquête policière, sur les failles de notre société. Sur ses capacités d’amélioration. Sur nos corps, notre vie, nos aspirations, nos rêves, notre propension à fuir la réalité. Nos rapports humains. Notre considération de l’autre. Et tant d’autres choses !

 

Ce roman n’est donc pas « que » roman, dans le sens où l’histoire, palpitante, donnée au lecteur, n’est pas qu’une fin en soit. Elle est également là en tant que support de réflexion.

 

Par ailleurs, Victor Boissel possède un style, qui n’est pas le  copié-collé d’un Eco, d’un Bello ou autre. Son écriture fluide n’est pas sans travail ni sans esthétisme. Bien au contraire. Elle est riche sans être baroque, rythmée sans être brouillonne, intelligente sans être hautaine.

 

A mon sens, il est inconcevable qu’un éditeur un peu finaud, sentant la richesse et le potentiel de cet auteur, ne l’édite pas. Et j’invite ceux d’entre eux qui, potentiellement, pourraient me lire ici, à contacter l’auteur, et faire que rapidement, ses écrits deviennent – enfin !– des objets-livres.

 

 

Pour aller plus loin, ci-dessous, un complément d’information indispensable donné par l’auteur, ainsi que les commentaires éclairés de plusieurs de ses lecteurs… et le synopsis du roman ici : http://www.victorboissel.com/VictorBoissel/Habeas_Corpus.html

 

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