Le sens de l’image (suite du précédent billet)

Le souvenir de ces deux oiseaux s’est peu à peu dissout dans ma journée de travail. Il n’en est plus resté une plume à mon coucher.

Mais ce matin, reprenant le même chemin que la veille, il est revenu à moi.

Me dirigeant vers le quai, je me suis alors demandé si le cadavre vu hier, et son compagnon le pleurant seraient toujours là où je les avais croisés. Si le bien vivant pleurerait toujours l’immobilisme de la dépouille.

Je doutais de ne plus retrouver ni le vivant ni le mort, pensant que les services de voirie auraient emporté le second, et que le premier aurait quitté les lieux.

Mais l’oiseau mort gisait toujours là. Seul cette fois. Abandonné du pleureur.

Il n’était pas tout à fait seul, à dire vrai. Une jeune femme armée d’un appareil photo mitraillait le corps sans vie, volant des clichés aux rayons qui luisaient sur son plumage, prenant des images de la position incongrue dans laquelle la mort l’avait pris.

Je me suis alors dit que, certes, cela ferait sans doute quelques prises intéressantes, mais ô combien moins que celles qui auraient pu être imaginées hier!

J’ai pensé à Cartier Bresson et ai plaint la photographe, me disant qu’elle avait manqué d’un jour son instant décisif.

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