Dans l’oubli d’un dimanche d’hiver

Dimanche fut une journée au goût d’enfance.

De celles qui vont sans doute laisser peu de traces dans mes souvenirs, par ses différences trop infimes d’avec d’autres journées ou de futurs week-ends.

Pourtant, dimanche a eu ce goût d’enfance qu’il fait bon savourer, sans nostalgie, juste dans le bonheur de vivre ces quelques instants.

Il y a eu le marché, tôt le matin, emmitouflée, encapuchonnée, le nez à peine émergeant de l’enchevêtrement des étoffes.

Le retour, le cabas débordant et laissant jaillir quelques légumes trop grands pour s’y laisser porter entièrement.

Il y a eu le parfum du filet mignon à la moutarde, le doux velouté de la purée de cèleris qui accompagnait la viande. La grimace de l’enfant mettant en doute le caractère savoureux du plat, mais finissant par céder sous les sollicitations parentales. Les mots du père aussi, qui demanda à l’enfant de mettre fin à ses « andouillages ». Et le sourire de chacun.

Le projet tout masculin de construire à deux le circuit de voitures qui attendait sagement dans sa boite depuis Noël qu’on lui attribue une place dans la chambre occupa une grande part de la conversation du repas dominical.

Je les laissais donc tous les deux à leur plans de construction, pour rejoindre un autre monde, celui des bouquins, de leurs auteurs, éditeurs et vendeurs… La programmation promettait plusieurs lectures musicales.

J’optais avec deux amies pour celle de Hyacinthe et Rose, lue par son auteur François Morel, accompagné en musique par Antoine Sahler. Je ne connaissais pas le texte, et bien qu’appréciant les passages radiophoniques de l’ancien Deschiens, je restais dubitative et dans l’attente de goûter à la prestation proposée.

Eh bien, mes lecteurs, ce fut fort agréable. Qui aime le Petit Nicolas de Goscinny, les dessins de Sempé, E.-E. Schmitt, Orsenna, ou Pennac, qui est touché par ce que ces différents auteurs proposent comme narration de l’enfance, trouvera écho dans ce tout petit bouquin. Y rira du même rire, sera touché par les mêmes petits riens que tous nous partageons à notre manière.

La lecture musicale dura le temps d’une heure, pendant laquelle, au creux du temps (le temps de sa propre histoire transposée dans les mots de Morel), le temps passa sans qu’on s’en aperçoive.

A mon retour, en clin d’oeil, je dégustais quelques madeleines maison, pensant à ce vieux Proust, qui sans doute aurait souri des enchaînements de cette journée.

 

 

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