Ma banlieue

Voilà six mois, j’ai investi un nouveau lieu d’habitation, distant d’une vingtaine de kilomètres du précédent, en périphérie d’une importante ville française.

 

En banlieue.

Toute semblable à celle que je connais par le dentiste que j’y consulte, par ce que m’en décrivent les amis qui y vivent, par les bons souvenirs que j’y ai déjà inscrits auparavant, par ce que certains de mes très proches en voient et donnent d’eux-mêmes afin que des changements s’enclenchent.

Si lointaine des idées que d’autres de mes amis qui n’y fréquentent personne, qui n’y font jamais une course, qui n’y passent pas même en voiture, s’en font.

 

 

J’ai souvent migré. Dans un tout petit périmètre, certes, mais en même temps dans des mondes si différents ! J’ai connu l’hyper centre commerçant, les quartiers artistico-bohèmes, les immeubles de veine Haussmannienne à forte concentration hautement bourgeoise, les T3 des logements sociaux.

 

Et à présent, ma maison. Ma maison en face d’un quartier (inter)nationalement connu pour sa pauvreté et sa violence. Ma maison toute neuve juste devant son arrêt de tram. Ma maison avec son bout de jardin et ses grandes fenêtres (et ses presque pas de mur… Où il fait bon y être… Comme aurait dit l’ami Belge)

 

Le toit à moi, le toi des miens. Si loin de ce que je projetais il y a encore quelques années, moi la citadine cherchant le bain de culture à tout prix, n’imaginant jamais élire domicile ailleurs que dans l’hypercentre.

 

Ma maison à un quart d’heure du fameux hypercentre en voiture et en même temps dans un monde si opposé. Ici pas de boutiques de luxe, pas de Starbucks (ce qui ne me manque pas, personnellement), pas de restau étoilé.

 

Par contre, ici, des infrastructures culturelles de grande qualité, dont un cinéma véritablement confortable nanti d’une programmation éclectique et de prix d’entrée défiant toute concurrence. Dont une médiathèque de lumière, richement pourvue, avec des espaces dédiés aux différents utilisateurs conçus de manière intelligente. Dont des festivals de musique gratuits et armés de très belles têtes d’affiche.

Par contre, ici, un marché le dimanche où l’excellente qualité des produits vendus va de paire avec leur prix dérisoire.

Par contre ici, encore des champs, et à l’intersaison, le parfum des tilleuls qui poussent à foison reviendra embaumer nos journées.

Par contre ici, de mon jardin, on voit les étoiles, que les lumières de la ville me cachaient.

 

Et puis il y a ce truc incroyable.

La vie.

L’humanité.

Prenez le tram qui part du centre et mène jusque chez moi. Au fur et à mesure des stations auxquelles il s’arrêtera, vous verrez la population changer, se colorer de multiples atours, user de différentes langues dans ses échanges.

Du premier terminus gris, silencieux, uniforme au second, multicolore, bruyant, gai et animé, parfois rocailleux et revêche, mais souvent souriant et dans l’acceptation de l’échange, c’est plus que le monde qui a changé : c’est la vie qui s’est animée.

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