Les Chaussures

Une tocade. Une marotte. Un goût prononcé. Une admiration forcenée. Un dévouement. Une simple appréciation esthétique. Un désir affirmé. Une manie. Un penchant. Un caprice récurrent…

 

Sans parler de véritable collection, je possède un certain nombre de paires de pompes. Que je porte pour la plupart. Lorsque j’ouvre mes placards, une explosion de couleurs, de paillettes, de matières multiples, en émerge. Et je fais alors courir ma main sur les rangées alignées… très très vite… Jusqu’à m’arrêter sur la paire de (très) hauts talons qui – plaisir personnel, enfantin et ludique – fera l’objet de mon choix du jour.

 

Jouant alors le rôle et de Cendrillon, et de son prince, j’enfile mes pantoufles de vair. Emerveillement renouvelé, ma journée peut commencer.

 

Dans une petite comédie hollywoodienne, de peu d’importance cinématographique, certes, mais où l’on remarquera que Cameron Diaz joue un rôle quelque peu plus « profond » qu’à l’accoutumée (vous me direz, ce n’est pas bien difficile…), bref, dans In her shoes, Rose Feller, interprétée par Toni Collette, justifie son engouement pour l’achat compulsif de paires de chaussures  par le fait que celles-ci n’ont pas vocation à n’être portées que par des femmes superbes, canons archétypaux de beauté, et qu’au final, quelle que soit la fille, le rêve de la transposition est au bout de ses orteils.

En gros. (J’ai vu ce film il y a bien longtemps, et impossible de retrouver trace du bout de dialogue en question)

 

Psychomachins, sémiotitrucs et ethnobidules de tous poils ont déjà écrit beaucoup, réfléchi un peu, pensé énormément, au rapport de certaines femmes occidentales aux chaussures. Aux contraintes qu’elles entrainent, aux symboliques qu’elles véhiculent, aux référents qu’elles présupposent. Ce bon vieux docteur Freud en tête, qui, forcément, on le reconnaît bien là cet obsédé, retenait avant toute chose la symbolique sexuelle (par analogie de forme, de geste, etc.)

 

Moi je crois tout simplement que ce truc au bout des pieds a cela de magique qu’il est tout à la fois utile (couvrant, protecteur) et beau. L’art pratiqué par le chausseur en est véritablement un. Il sculpte un modèle qui doit tout à la fois répondre à des contraintes correspondant à l’anatomie humaine et à des critères d’ordre purement esthétique. Sans omettre le fait qu’il peut être le petit élément magnifiant la totalité d’une silhouette… L’équilibrant. Ou lui donnant davantage d’ancrage. Ou lui ajoutant une couleur, un ton, qui égaiera le tableau. Ce pourra être aussi un son, celui du « tap-tap » typique provoqué par la marche, et qui rythmera, animera le porteur des précieux artifices… Et pourra lui apporter un peu de joie si jamais il y prend garde.

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